Rythme aux essais : serrés devant, Red Bull derrière
La dernière séance d’essais au Mexique a montré une lutte serrée en tête et Red Bull en retrait. Lando Norris a été le plus rapide, avec 0,001 s d’avance sur Kimi Antonelli, les quatre premières équipes étant séparées par très peu de chose, selon [1]. Red Bull roulait derrière ce groupe.
Max Verstappen a terminé cinquième, à 0,351 s de Norris, et il avait des problèmes de freins. Un écart de cette taille n’est pas énorme dans une séance aussi serrée, mais des soucis de freinage sur un circuit qui exige de freiner fort sont inquiétants à l’approche des qualifications et de la course. Isack Hadjar a fini dans le top 8 et a décrit sa Red Bull comme la pire voiture qu’il ait pilotée ce week-end. C’est un jugement franc, même venant d’un pilote qui a tout de même signé un tour respectable.
Liam Lawson a pris la neuvième place, devant le jeune coéquipier Arvid Lindblad, dixième, ce qui complète le top 10. Le tableau est celui de voitures de la famille Red Bull installées dans le ventre du top 10 plutôt que de défier pour la pole. Antonelli, lui, sert de référence : il compte neuf victoires cette saison et pourrait décrocher le titre au Mexique, selon [2]. Red Bull assisterait donc à la fête de quelqu’un d’autre plutôt que de défendre sa propre position à l’avant.
La collision Verstappen-Lawson
L’autre sujet du week-end est survenu le vendredi, lorsque Verstappen et Lawson se sont accrochés dans le secteur du Foro Sol pendant les essais. Les commissaires ont infligé à chaque pilote une pénalité de un rang sur la grille pour la course de dimanche ainsi qu’un point de pénalité sur la superlicence, comme l’a rapporté [3].
La pénalité était plus lourde qu’un simple avertissement formel aurait été. Les commissaires l’ont durcie à cause des avertissements précédents donnés lors de la réunion des Team Managers, si bien que la sanction reflète une série de mises en garde plutôt que le seul incident. Reculer d’une place reste minime en pratique, car cela ne compte que si les deux voitures se qualifient proches l’une de l’autre ou si l’ordre est serré, et au Mexique la longue ligne droite jusqu’au premier virage peut donner de l’importance à une seule place.
Il y a eu aussi un coût mécanique. Les barge boards de Verstappen ont été endommagés lors du contact, et il a dû rouler avec ces dégâts jusqu’à la fin de la deuxième séance d’essais. Cela a limité le roulage utile un vendredi où l’équipe cherchait déjà des réponses sur l’équilibre et le freinage. Ajoutés aux problèmes de freins apparus le samedi, cela signifie que la préparation de Verstappen est loin d’avoir été propre.
La soufflerie est une affaire pour 2027
Si quelqu’un espérait qu’une percée technique allait bientôt relancer Red Bull, les dernières nouvelles vont dans le sens inverse. La nouvelle soufflerie de l’équipe à Milton Keynes n’est pas encore prête et devrait entrer en service au cours de la saison 2027, selon [4].
Les bénéfices devraient être progressifs. L’installation aidera très probablement la seconde moitié de la voiture 2027 et la majeure partie de la voiture 2028. Le directeur d’équipe Laurent Mekies affirme qu’elle devrait finir par procurer un avantage compétitif, mais aucun gain immédiat n’est attendu. Le message est mesuré : l’investissement vise le long terme et ne résout rien des problèmes constatés au Mexique ce week-end.
Pour l’instant, Red Bull doit donc tirer du rythme des outils dont elle dispose déjà. Toute amélioration des problèmes de freins ou du comportement dénoncé par Hadjar devra venir du travail de mise au point et de la voie de développement existante, pas de la nouvelle installation. L’écart avec les quatre équipes de tête est faible en temps brut, mais tenace en pratique.
Ce que cela signifie
Les données de Predict.game placent Red Bull quatrième du championnat du monde de Formule 1 avec 352 points en 18 manches, et mentionnent deux victoires sur cette période. C’est une position solide, qui correspond à ce que les essais mexicains ont montré : une équipe dans la course au titre sans être la voiture la plus rapide de la grille.
La lecture de la forme est mitigée. Verstappen cinquième et Hadjar dans le top 8 sont de bons résultats, mais tous deux restent derrière les quatre premières équipes, séparées par seulement quelques millièmes en tête. Les problèmes de freins et la pénalité d’une place ajoutent des frictions le jour de la course, même si la pénalité ne devrait pas décider du résultat à elle seule.
Les données ne mentionnent aucun prochain rendez-vous ni prévision pour Red Bull, la question immédiate concerne donc la course mexicaine elle-même : Verstappen pourra-t-il transformer un temps d’essais de cinquième et un recul d’une place en une récolte de points qui protège la quatrième place ? La soufflerie n’étant pas attendue avant 2027, les gains pour le reste de cette saison devront venir de la voiture actuelle.
Sources
- Autosport: F1 Mexico GP: Norris tops final practice by 0.001s from Antonelli autosport.com ↩
- Autosport: Why “ignorance is a superpower” for Antonelli in F1 motorsport.com ↩
- Autosport: Stewards penalize Verstappen, Lawson after “unacceptable” F1 Mexico GP practice clash autosport.com ↩
- Autosport: Red Bull provides timeline for long-awaited new F1 wind tunnel motorsport.com ↩